L'hectare

L'équipe


Audrey Matel, directrice
direction@lhectare.fr
02 54 89 44 20

Mathilde Chanteur, directrice adjointe
mathilde.chanteur@lhectare.fr
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Christel Corbin, coordinatrice de production et de diffusion
christel.corbin@lhectare.fr
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Laure Carré, comptable
laure.carre@lhectare.fr
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Thomas Fox, chargé du Service des Publics et de la programmation Jeune Public
thomas.fox@lhectare.fr
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Marion Jillier, attachée aux Service des Publics
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Céline Lojewski, chargée de communication
celine.lojewski@lhectare.fr
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Nous remercions le personnel du Minotaure et les techniciens intermittents qui nous accompagnent tout au long de la saison. 


 

 

Billet d'humeur de Céline Lojewski

 

L’année Maurice Ravel


Le 7 mars dernier, c’était le 150è anniversaire de naissance de Ravel (1875-1937). Un événement qui m’a rendu curieuse et permis d’en apprendre davantage sur l’homme qu’il était et quelles étaient ses œuvres musicales car à part son Boléro, je n’en connaissais pas d’autres.

 

Et oui, son Boléro, tube planétaire depuis plus d’un siècle, fait partie des pièces de musique classique les plus jouées. Il serait diffusé toutes les 10 minutes à travers le monde. Dire qu’il a été adapté dans des versions les plus improbables, ce chef d’œuvre a pourtant été considéré par son auteur lui-même comme « une farce musicale ». Il considérait qu’il était vide de musique. Incroyable, non ? Il préférait plutôt sa pièce intitulée Trois chansons, un manifeste contre le colonialisme et l’esclavage.

 

Mais Ravel, c’est bien plus que Le Boléro. Ce talentueux compositeur nous a bien laissé un héritage musical. Il a écrit de nombreuses pièces pour piano dont Le Concerto pour la main gauche, une œuvre pour piano et orchestre commandée par un pianiste autrichien qui avait perdu son bras droit pendant la Première Guerre mondiale. Cette œuvre est donc écrite exclusivement pour la main gauche, exploitant toute l’étendue du clavier et donnant l’illusion que les deux mains jouent. Aujourd’hui, ce concerto est l’un des plus célèbres du répertoire pour piano. Il a aussi composé une symphonique dite chorégraphique, Daphnis et Chloé, écrite pour les ballets russes. Et un seul quatuor à cordes, considéré comme un chef-d’œuvre du répertoire pour quatuor à cordes.

 

J’ai aussi découvert un homme très influent, très engagé et très courageux pour son époque.

 

Il a tenté cinq fois le Prix de Rome, une distinction importante pour les compositeurs français, mais ses échecs à répétition ont déclenché en lui un dégoût pour l’académisme du Conservatoire mais aussi un scandale qui a conduit à une réforme du Conservatoire. La presse s’est même emparée de cette affaire, c’est devenu « l’affaire Ravel ». De toute manière, il préférait transmettre son savoir en donnant des cours privés. Ce qui était amusant est qu’il demandait à ses élèves de l’appeler « Monsieur Maurice », ce qui illustre bien son caractère discret, tout en souhaitant garder une certaine distinction.

 

Exempté de service militaire (trop petit et trop menu), il a, par la suite, cherché à s’engager durant la 1ère Guerre mondiale. Il ne se voyait pas laisser ses amis risquer leur vie et lui, rester à l’arrière. Il a réussi à être intégré dans l’armée en tant que conducteur de camion. Marqué par cette période, il a composé de nombreuses œuvres de guerre dont la plus connue Le Tombeau de Couperin dont chaque mouvement est dédié à l’un de ses amis morts au front.

 

Ravel a aussi été courageux en défendant à cette époque, des compositeurs allemands et autrichiens qui étaient alors bannis des salles de concerts parisiennes. C’est par une lettre écrite au front qu’il a répondu à la « Ligue nationale pour la défense de la musique française » qui souhaitait « condamner au silence l’Allemagne moderne pangermaniste ». Il leur a écrit : « Je me refuse d’écarter des œuvres intéressantes qui pouvaient constituer des monuments. Il serait même dangereux pour les compositeurs français d’ignorer systématiquement les productions de leurs confrères étrangers et de former ainsi une sorte de coterie nationale : notre art musical, si riche à l’époque actuelle, ne tarderait pas à dégénérer, à s’enfermer en des formules poncives ». Ravel faisait la part des choses et soutenait l’Art musical issu d’ailleurs.

 

Malgré tout, il était pudique, presque effacé. Il avait des allures de dandy secret qui préférait le silence aux bavardages inutiles. Il avait un humour fin et pince-sans-rire mais restait un homme blessé par la guerre et la maladie.

 

La musique de ce grand compositeur français va être célébrée tout au long de cette année. Vous aurez donc plusieurs occasions d’écouter ou de découvrir diverses œuvres de « Monsieur Maurice », autre que Le Boléro. Alors à vous de voir !

 

Céline Lojewski